Dreams are my reality

  • Le Klebs
  • 19 janvier 2026

L'autre jour, je me réveille en pleine nuit. Genre 3h45 ou 4h du mat. Paf ! D'un coup. 

J'ouvre un oeil. J'étais dans un rêve mais quelque chose a pris le dessus. Une chanson. C'est la chanson qui m'a réveillé.

Un oeil ouvert, l'autre fermé (tourné vers l'intérieur sans doute), j'écoute la chanson.  

Et je me marre. En écoutant, je me marre....  nan mais je me marre...

Voilà la chanson: "dreams are my reality", la musique de La Boum. Ca nous rajeunis pas ! Il n'y avait pas les images du film. Juste la chanson. 

La radio allumée dans mes neurones, mes oreilles intérieures sont ébahies. Toutes les paroles défilent. Et elles tapent droit dans le mille. 

Alors bien sûr il y a plusieurs niveaux. J'avais l'âge de Sophie Marceau quand le film est sorti. Il a imprégné toute une génération adolescente à l'époque (des vieux schnocks maintenant). Mais peu importe.

Car après avoir travaillé des années sur mes rêves, j'ai progressivement exploré d'autres moyens d'accéder à mon intériorité et mon flux onirique était passé au second plan. Comme si mes rêves portaient moins d'énergie au réveil. A moins que mon attention ne s'en soit détournée.

Et voilà qu'ils reviennent en force.

Car la nuit précédente, j'avais rêvé en ayant eu la sensation de ne pas dormir. Je dormais en me disant que je ne dormais pas. J'étais conscient de rêver en rêvant tout en sachant ne pas dormir vraiment, chose qui ne m'était jamais arrivée (c'est joli cette phrase, non ?).

Un autre sommeil en somme (ah ah!).

Bref, plus tard j'ai été chercher les paroles de Vladimir Cosma. Alors oui, en les lisant, on peut revoir Sophie (Vic) dans les bras du mec dont tout le monde a oublié le nom (Alexandre Sterling, Mathieu dans le film). C'est sûr. Et on peut y voir aussi un écho à une ou des histoires personnelles, premier amour, Nième amour... rencontres. Etc. 

Et si j'écoutais les paroles en me disant : qu'est-ce que cette chanson évoque pour moi et me dit de ce qui se passe maintenant à l'intérieur de moi ? 

C'est très simple : c'est la description parfaite de la première rencontre avec mon anima, ainsi que de ses modalités.

Met you by surprise
I didn't realize
That my life would change forever
Saw you standing there
I didn't know I'd care
There was something
special in the air

Je me rappelle fort bien de cette rencontre dans un rêve, pendant les vacances, en 2013. Je lisais l'autobiographie de Jung et je commençais à noter mes rêves. L'un des premiers était exactement cette rencontre avec mon anima.

Ce rêve m'avait surpris (Met you by surprise) car il me montrait que les rêves n'étaient pas "n'importe quoi", qu'ils avaient un sens, un scénario, exprimant quelque chose. Et donc la présence d'un metteur en scène intérieur, inconnu de moi.

C'est ce rêve qui m'a mis en marche vers moi-même. C'est celui que j'ai apporté à mon analyste lors de mon premier rendez-vous quelques mois plus tard.

Sur le coup, je n'ai rien compris (I didn't realize). Mais le rêve m'a frappé par sa force (there was something special in the air). Et de fait, si j'en juge par mon parcours depuis, ma vie a complètement changée (that my life would change forever). Hormis ces paroles de la chanson, le contenu du rêve n'avait rien à voir avec La Boum. 

Ma situation intérieure actuelle correspond également à cette chanson. Car quelques jours avant le rêve, j'ai retrouvé mon anima en EMC de façon beaucoup plus nette cette fois. Le côté onirique était absent. Je l'ai souvent rencontrée dans les expériences, mais cette fois-ci, elle était là, tout simplement, et je pouvais dialoguer avec elle normalement. Une normalité frappante, qui relève de la réalité alors que l'expérience en elle-même ne l'était pas.

Donc la chanson le dit : dreams are my reality.

Dreams are my reality
The only kind of real fantasy
Illusions are a common thing
I try to live in dreams
It seems as if it's meant to be

La suite du texte est du même ordre. D'abord, le mode d'emploi. Fini de travailler les rêves sur un mode "analytique". On passe à autre chose maintenant.

Si les rêves sont la réalité, ça devient concret. On peut vivre dedans. C'est une autre sorte de réalité (a different kind of reality). Un monde à explorer (I try to live in dreams). On y va (it seems as if it's meant to be).

Dreams are my reality
A different kind of reality
I dream of loving in the night
And loving seems alright
Although it's only fantasy

La suite du texte renvoie exactement à cet appel de Jung dans le Livre Rouge que j'ai posté quelques jours avant cette fameuse nuit : "Mon âme, où es-tu ? M'entends-tu ? Je parle, je t'appelle - es-tu là ? Je suis revenu, je suis rentré."

Montre-moi comment inverser le regard. Guide-moi vers l'intériorité.

If you do exist
Honey don't resist

Show me a new way of loving
Tell me that it's true
Show me what to do
I feel something special about you

Dreams are my reality
The only kind of reality

J'ai enfin fait l'expérience que ça se passe à l'intérieur...

Maybe my foolishness is past

Que ce qui est intérieur est the real thing...

And maybe now at last
I'll see how the real thing can be

Dreams are my reality
A wond'rous world
where I like to be
I dream of holding you all night
And holding you seems right
Perhaps that's my reality

Je continue plus bas... 👇🏻

Met you by surprise
I didn't realize
That my life would change forever
Tell me that it's true
Feelings that are new
I feel something special about you

Dreams are my reality
A wond'rous world
where I like to be
Illusions are a common thing
I try to live in dreams
Although it's only fantasy

Dreams are my reality
I like to dream of you close to me
I dream of loving in the night
And loving you seems right
Perhaps that's my reality

Si je reviens un instant au film, je remarque que cette rencontre intérieure que je vis aujourd'hui correspond aussi à celle de Vic et Mathieu. Elle est aussi forte, déstabilisante, déroutante. A l'extérieur, j'ai l'âge de mes artères comme on dit, mais à l'intérieur, c'est La Boum ! 

En tous cas La Boum 1 (reste encore, La Boum 2, et L'étudiante...). 

Bref, il y aurait encore beaucoup à dire sur le texte et ce qu'il pourrait signifier pour moi.

En décrivant l'état intérieur de Vic et/ou de Mathieu, Vladimir Cosma donne une clé psychologique du film, qui par ailleurs peut aussi être vu comme une comédie romantique dramatique d’apprentissage, centrée sur l’adolescence, les premiers amours et le passage à l’âge adulte. Un film sur cette période de transition vue du côté extérieur, mais que la chanson permet de comprendre, en tous cas pour moi, comme l'autre transition, celle du milieu de la vie, vue du côté intérieur.

En pointant sur la réalité onirique, Vladimir Cosma devient comme l'instrument révélateur de l'énergie archétypale qui a poussé à la réalisation du film et à son succès. La musique révèle que le film est aussi un rêve.

La musique révèle le rêve ! Chapeau Vladimir Cosmique ! Encore faut-il avoir les oreilles pour entendre. Nulle doute que c'est mon anima qui m'a joué la chanson pour me réveiller... 

On voit bien que tout cela dépasse les réalisateurs, acteurs, auteurs, compositeurs. Je doute que Cosma ait perçu tout ça. D'ailleurs, je suis peut-être bien le seul à l'avoir perçu ! Et ce n'est peut-être vrai que pour moi. Et peut-être que je n'existe pas. Que je suis rêvé par un Martien qui attend l'arrivée d'Elon Musk dans un hamac.

Un film est une projection, littéralement. Et une histoire d'amour en est une aussi. On projette sur l'autre ce qu'on a en soi.

Donc en regardant ce qui se passe à l'extérieur on peut voir ce qui se passe à l'intérieur. Et vice-versa. Tout ce qui est en haut est en bas, et tout ce qui est en bas est en haut.

Dans nos premières années de vie, nous vivons principalement tournés vers l'extérieur que nous prenons pour la seule réalité. L'adolescence est certainement un moment clé à cet égard. Quand l'amour pour autre que papa/maman se manifeste dans le corps, on ressent puissamment que l'essentiel est à l'extérieur. Ca fait "Boum" (comme dans le film et dans la chanson de Trénet).

Puis plus tard, un retournement peut s'opérer et le regard, en se tournant vers l'intérieur, permet alors de voir "another kind of reality", toute aussi réelle. Et de comprendre cet effet de miroir, qui n'abolit pas pour autant la réalité de la réalité extérieure. La réalité devient plus vaste.

Commence alors une autre expérience de la vie, celle où l'on peut expérimenter à la fois l'intérieur et l'extérieur, en même temps.

A ce moment là, on peut prendre conscience que la psyché fonctionne comme un miroir fixé sur un axe horizontal, qu'on peut donc orienter à volonté vers le haut ou vers le bas, le ciel et la terre, l'intérieur ou l'extérieur.

Un miroir psyché. Il y en a plein à vendre sur Internet.
Le plus dur est de parvenir à trouver celui qui est sur Leboncoin intérieur.

Bien sûr, il y en a pour tous les goûts et certains font le parcours dans l'autre sens. Ils vivent d'abord puissamment la réalité intérieure et éprouvent des difficultés à s'adapter à la réalité extérieure consensuelle durant la première partie de vie. D'autres restent en prise avec les difficultés du retournement, qui survient souvent sur le mode de la crise et pour lequel la société actuelle n'offre que peu d'explication et de soutien.

Bref, on ne peut que schématiser tout ça devant la multitude des expériences de vie.